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| Francis Bacon - Tête 1948 - Tête 1949 - Tête 1952 |
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Bacon fut chassé de la maison à l’âge de 16 ans par son père, lequel, dans un même temps, réprouve l’homosexualité de son fils et ses ambitions de devenir peintre. Secret, il avait plusieurs vies "était capable de sortir d’une bagarre avec son ami pour retrouver l’épouse d’un collectionneur et l’inviter à boire un verre au Ritz, quitter cette dernière et aller se faire tabasser à Soho par une bande de mauvais garçons, ou bien encore jouer sa fortune au casino» rapporte son biographe et ami, Michel Peppiatt auquel l’artiste confiait "il faut être discipliné en tout, même dans la frivolité, surtout dans la frivolité"
Le travail de Bacon n’est réellement reconnu qu’après la Seconde Guerre mondiale : ses œuvres provoquent des réactions extrêmes, souvent d’intense répulsion, tant elles sont violentes et expressives. La figure humaine y est isolée dans un environnement neutre, disloquée, amputée, contorsionnée, comme torturée, parfois enfermée dans une cage, elle peut être associée à un bœuf écorché (référence à Rembrandt), ou figurée hurlant comme dans la série d’études d’après le Portrait du pape Innocent X de Vélasquez. Pour Bacon, tout individu qui souffre est de la viande, zone commune de l’homme et de la bête.
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Velazquez Innocent X - Bacon Etude VII 1953 - Bacon Etude 1953
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Le Bacon des années 50, se cherchait encore. Il faisait beaucoup de tentatives et détruisait beaucoup à la différence des années 70 où, selon Michel Peppiatt, "il atteint une maîtrise quasiment parfaite, mais en même temps, il n’y a plus cette lutte avec le sujet, avec la matière". Le tableau qui l’a hanté toute sa vie, le Portrait du pape Innocent X, par Velazquez, avait d’ailleurs été refusé par le pontife commanditaire parce "trop vrai". Bacon, qui en était proprement obsédé, le considérait comme " le plus remarquable portrait jamais peint ". Il était fasciné par "sa couleur magnifique ", bien qu’il n’ait jamais vu l’oeuvre véritable avant la fin de sa vie. Les reproductions lui suffisaient. Il les froissait, les déchirait, les amputait, les crayonnait, s'autorisant après coup les interprétations les plus surprenantes. Bacon réalise entre 1950 et 1965 une série de quarante cinq tableaux en travaillant à partir de ce portrait. "Peindre le cri plutôt que l'horreur", c'est ce que déclarait Francis Bacon à David Sylvester en 1976. "Le pape est unique, dit-il aussi. Etre le pape le met dans une position unique et ainsi, comme dans certaines grandes tragédies, c'est comme s'il était hissé sur un dais et que la grandeur d'une telle image pouvait, delà, se déployer sur le monde".
"Auparavant, j'avais acheté ce très beau livre colorié à la main sur les maladies de la bouche, et quand j'ai fait le Pape criant, je ne voulais pas le faire de façon dont je l'ai fait : je voulais faire la bouche, avec la beauté de sa couleur et tout le reste, semblable à l'un des couchers de soleil ou autre chose de Monet , et pas simplement le Pape criant. Si je le refaisais,-et j'espère que grâce à Dieu, je ne le referai jamais- je le ferais comme un Monet".
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Bacon Potrait avec viande 1954 - Pape et chimpanzé 1962
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Bien que fasciné par la photo (des photogra-phies de Muybridge représentant la décom- position des mouve- ments d’un homme en marche ont été retrou- vées dans son atelier) Bacon ne lui accordait aucune valeur esthétique car même lorsqu’elle cesse d’être seulement figurative, c’est-à-dire de représenter quelque chose, elle ne peut arriver à une déformation de la “chose vue” ; en ce sens elle est le contraire de la peinture.Chacun peut avoir sa propre lecture de l’oeuvre de Bacon mais cela ne restera jamais qu’une lecture parmi tant d’autres possibles: ici voit-on une chauve-souris écartelée sur la croix, là un condamné à mort sur le fauteuil papal, hurlant de douleur, drapé dans de majestueux vêtements sacerdotaux et exhibant des dents acérées, ou là encore un amas de muscles déchirés noués qui pivotent sur eux-mêmes. Mais, au final, chacun ne fait qu’assembler des images et des interprétations. «Si quelque chose est fort, les gens pensent que c’est douloureux. En fait, je ne crois pas que mes tableaux aient quelque chose à voir avec la douleur. Mais ils n’ont surtout rien à voir avec la séduction. La réalité émeut, fascine, effraie, émerveille ou excite, mais elle ne séduit pas».
On s'accorde à penser que Bacon est un des peintres majeurs du XXe siècle, il n'abandonna jamais la représentation de la figure humaine, ni ne produisit de toile abstraite. C’était un athée virulent mais en même temps il a connu deux obsessions au début de sa carrière, le Pape et la Crucifixion une contradiction très féconde.
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